•  JERUSALEM (Reuters) - Un texte rédigé sur une stèle du premier siècle avant Jésus-Christ, évoqué à l'occasion d'une conférence à Jérusalem, apporterait de nouveaux éléments sur les liens entre le judaïsme et le christianisme.

    Selon l'historien israélien Israël Knohl, ces écrits, découverts il y a une dizaine d'année, attestent que la notion de messie ressuscité trois jours après sa mort trouve son origine dans des croyances juives antérieures au Christ, comme le supposent de nombreux chercheurs.

    "Cela apporte un nouvel éclairage sur l'activité messianique de Jésus", a souligné Knohl, professeur d'études bibliques à l'Université hébraïque de Jérusalem, dont les travaux sur le sujet ont été publiés en avril par le Journal of Religion de Chicago.

    Le texte de 87 lignes, pour l'essentiel indéchiffrable, qui figure sur cette stèle d'un mètre est connu sous le nom de "Révélation de Gabriel", l'archange qui, dans le Nouveau Testament, annonce la naissance de Jésus à Marie.

    Le mot-clé, jugé illisible jusqu'en août dernier, "a été écrit maladroitement et deux lettres ne sont pas claires", précise Knohl. En utilisant d'autres exemples de la même période, le chercheur est toutefois parvenu à déchiffrer le terme "haye", qui signifie "Tu vivras".

    La phrase entière se lirait donc de la façon suivante: "Dans trois jours, tu vivras. Moi, Gabriel, je te l'ordonne."

    "EXTRAVAGANT"

    L'existence du concept de résurrection dans le judaïsme est connue de longue date des universitaires, souligne le professeur Michael White, de l'université du Texas. "Mais, ce qui est intéressant, c'est la notion des trois jours", poursuit-il, ajoutant qu'elle pourrait trouver son origine dans la médecine antique, selon laquelle la décomposition des corps ne débutait pas avant ce délai.

    Associée à celle d'un messie ayant souffert, également évoquée dans le texte, cette idée connue au moins d'un groupe de fidèles juifs, renvoie directement au Nouveau Testament, ajoute Knohl.

    Pour certains de ses collègues, en revanche, l'interprétation reste ouverte.

    "Ce qu'il prétend est extravagant", affirme Devorah Diamant, de l'université de Haïfa, qui juge que la théorie de Knohl ne peut être démontrée dans la mesure où les passages sur lesquels il s'appuie peuvent renvoyer à d'autres personnages bibliques.

    La conférence était organisée pour le 60e anniversaire de la découverte des Manuscrits de la mer Morte, qui comptent parmi les textes les plus anciens jamais mis au jour.

    Version française Jean-Philippe Lefief

     

    SOURCE : http//fr.news.yahoo.com


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